Noir c'est noir

Noir c’est noir il n’y a plus d’espoir chante Johnny Hallyday.

Je me demande s’il avait bien mesuré toute la portée de ces mots. Aujourd’hui 21 septembre 1995 je découvre toute la noirceur, tout l’enfer que peut être la vie d’un enfant psychotique et autiste.


Combien de jours aussi sombres avons-nous déjà vécus ? Je ne sais pas, ils sont trop nombreux pour que j’en fasse la comptabilité, mais cette fois cela dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Jamais je ne m’y habituerai, on ne peut pas s’habituer à la souffrance, on la subit le mieux que l’on peut, comme on peut, et malheureusement on peut peu.


Vinod mon amour, tu n’as que sept ans et une fois de plus tu souffres, rempli d’angoisses, de frayeurs et de terreurs qui te poussent à te faire du mal. Tu te mutiles en te donnant des coups d’une violence rare sur la tête, tu t’arraches les cheveux, tu te griffes, tu te gifles, tu te lances contre les murs, tu hurles et je suis là à côté de toi, impuissante, incapable de te soulager, incapable de t’aider.

Présence bien vaine que la mienne, je ne sers à rien, contemplative stérile de cette auto-destruction programmée dans ton cerveau désordonné, chaotique, et qui nous rend tous fous, fous de chagrin, fous de douleurs. Je ne peux, une fois encore, que t’offrir tout mon amour, toutes mes larmes et mes bras dans lesquels j’aimerais tellement que tu trouves enfin la sérénité, la paix, le repos. Pourquoi ? Oui j’ai envie de crier de toutes mes forces pourquoi un enfant doit-il autant souffrir. N’est-il pas innocent, pur ? Pourquoi tant de tourments ? Je donnerais tout ce que je possède pour que mon enfant soit enfin heureux, épanoui.


Mais à quoi bon crier, sinon pour soulager mes nerfs, mais à quoi bon crier, Dieu en a décidé autrement.